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dimanche 17 juin 2012

gynecologue femme à Bouira : Erreurs en imagerie prénatale : comment les expliquer ?

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Erreurs en imagerie prénatale : comment les expliquer ?

Publié le 21 Mai 2012
C. GAREL, Service de radiologie, Hôpital d’enfants Armand-Trousseau, Paris
L’imagerie prénatale s’est développée depuis plusieurs décennies et les progrès techniques n’ont cessé depuis de jalonner sa route. Pourtant, au quotidien, les pédiatres et principalement ceux qui travaillent dans les maternités, sont amenés à constater des erreurs d’imagerie prénatale. Ces erreurs peuvent être vénielles, sans grande conséquence pour le patient, ou malheureusement beaucoup plus dramatiques.
Ces erreurs, pourquoi les commettons-nous, quelles difficultés rencontronsnous dans notre pratique quotidienne pouvant les expliquer ? Pouvons-nous les éviter ? Cet article a pour objet de répondre à ces questions et de les illustrer par deux cas. Pour commencer, une brève évocation s’impose en ce qui concerne les principales avancées récentes en matière d’imagerie prénatale, tant sur le plan technologique que sur celui des conditions de travail.
Durant ces dix dernières années, les progrès technologiques ont concerné principalement l’apparition de nouvelles sondes améliorant la résolution spatiale et en contraste, sur le développement de l’imagerie en 3D et 4D, ainsi que l’imagerie d’harmonique.
De ce fait, en cas de litige portant sur un dossier ancien, il importe de toujours se replacer dans le contexte technique de l’époque au moment des faits. Les conditions de travail en imagerie prénatale se sont aussi modifiées avec la mise en place des centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN). Ceci a eu pour conséquence de rompre l’isolement des praticiens qui sont, en principe, tous rattachés à un réseau et peuvent plus facilement faire appel à un confrère en cas de doute sur une image échographique. Par ailleurs, il y a une dizaine d’années a été créé le Comité national technique de l’échographie de dépistage anténatal qui autorise seuls les médecins et sages-femmes à faire des échographies et conseille la pratique de 3 examens systématiques aux premier (11-13 SA + 6 jours), deuxième (20-25 SA) et troisième (30-35 SA) trimestres. Il est intéressant de bien préciser ce concept de dépistage.

Échographie de dépistage

Le but de l’échographie de dépistage est d’identifier au sein d’une population sans risque des anomalies foetales à haut risque de mortalité périnatale ou nécessitant une prise en charge périnatale spécifique.
Selon les recommandations du Comité national technique de l’échographie de dépistage anténatal (CNTEDA) (1), il est clairement entendu qu’un tel examen ne saurait identifier toutes les anomalies potentiellement reconnaissables. Ainsi, seul un nombre limité mais clairement défini de structures anatomiques doit être étudié.
Figure 1. Enfant issu d’une grossesse bien suivie, avec trois échographies de dépistage dites normales. La radiographie des membres inférieurs de face réalisée à la naissance montre un fémur court congénital à droite. Dans ce cas, il y a véritablement une erreur, puisque les trois segments de chaque membre doivent être visualisés au cours d’une échographie de dépistage. Certes, leur mesure n’est pas préconisée, mais un tel raccourcissement d’un segment de membre aurait dû être diagnostiqué. Il est probable que seul le fémur gauche ait été visualisé lors des différentes échographies prénatales.
On propose donc de réaliser une imagerie standardisée devant comprendre des coupes imposées sur différentes régions du corps.
La structure du compterendu à produire est également proposée. Par ailleurs, un contrôle de qualité est recommandé en ce qui concerne la formation des opérateurs et le matériel utilisé. Il est très important de comprendre ce concept de dépistage. Cette pratique est périlleuse puisqu’elle réclame une vigilance extrême afin d’isoler au sein d’une masse d’examens normaux, celui qui pose un problème.
Dans ces conditions, comment définir une erreur ? Par exemple, pour le pédiatre qui constate qu’un nouveau- né présente une fente palatine postérieure et un rétrognathisme non diagnostiqués en période prénatale, il est tentant de parler d’une « erreur de diagnostic ». En réalité, l’étude du palais postérieur et l’étude du profil foetal ne sont pas recommandées dans le cadre des examens de dépistage. Pourquoi ?
D’une part, parce que le dépistage des fentes palatines postérieures est techniquement difficile et, d’autre part, parce que le comité technique a craint que le dépistage systématique des anomalies du profil foetal conduise à un excès d’examens faussement anormaux. Les conséquences de ces « faux positifs » du dépistage peuvent être graves : fausse couches liées à d’inutiles amniocentèses, troubles de la relation mèreenfant, demandes d’interruption de grossesse, etc. Qu’en est-il quand une structure devant être examinée en dépistage a été considérée comme normale alors qu’elle présente en réalité une anomalie ? S’agit-il d’une erreur ou d’un faux négatif inévitable du dépistage ? Il est difficile de répondre pour chaque cas d’espèce. Rappelons que l’étude des registres de malformations (2) montre que l’immense majorité des anomalies ne peuvent être dépistées dans 100 % des cas, mais que de grandes différences de sensibilité existent selon les régions d’Europe, suggérant une qualité variable des examens. En revanche, il est maintenant possible de préciser si l’examen de dépistage était conforme ou non aux recommandations. C’est facile pour le compte-rendu et le nombre de clichés. C’est difficile pour un cliché donné, car les avis d’experts sont souvent discordants.
La figure 1 illustre un cas d’erreur par défaut conduisant à une conclusion erronée de normalité.

Échographie de diagnostic

Il s’agit d’une échographie de deuxième intention réalisée devant un risque élevé d’anomalie morphologique foetale ou à la suite d’un examen de dépistage qui a identifié une anomalie ou a été réalisé dans des conditions techniques ne permettant pas de conclure. Plus récemment, le même CNTEDA a formulé des recommandations concernant l’échographie de diagnostic (3) et a proposé, à l’instar de ce qui avait déjà été fait pour l’échographie de dépistage, une méthodologie destinée aux échographistes réalisant ce type d’examen.
Figure 2. IRM foetale réalisée à 33 SA du fait d’une dilatation ventriculaire bilatérale en échographie, mesurée à 14 mm au niveau de chaque carrefour ventriculaire. Sur les coupes axiales en T2 (a) et T2* (b), passant par la partie haute des ventricules latéraux, on note quelques petites images hypo-intenses, plus marquées en T2* et interprétées comme une hémorragie à l’origine de la dilatation ventriculaire. Sur le contrôle postnatal, à 1 mois de vie (c), on voit que ces images correspondent en fait à des petites hétérotopies sous-épendymaires.
Ainsi, sont listés les différents éléments devant être examinés, la structure du compte-rendu, les images et les biométries à produire.

Autres examens d’imagerie

● L’imagerie par résonance magnétique (IRM) foetale a commencé à se développer en France dans les années 90. Initialement centrée sur l’étude du cerveau foetal qui reste de loin son principal champ d’investigation, l’IRM permet d’étudier aussi d’autres organes ou régions anatomiques, tels que le poumon, le tube digestif, le pelvis ou le cou. Une littérature abondante a vu le jour sur ce sujet, analysant notamment l’apport de cette technique par rapport à l’échographie, son efficacité diagnostique et les problèmes techniques qu’elle engendre.

Elle nécessite, pour être performante, d’être pratiquée par un opérateur entraîné, connaissant bien la pathologie foetale et les aspects normaux des différents organes au cours du développement. Les pièges sont nombreux (4). Cette technique est dépendante de l’opérateur au même titre que n’importe quel autre examen médical et on ne saurait trop recommander de pratiquer un tel examen uniquement après concertation multidisciplinaire. La figure 2 illustre les difficultés rencontrées dans l’interprétation d’images d’IRM foetale.
● La tomodensitométrie foetale est un examen encore plus confidentiel, réalisé avec parcimonie dans les CPDPN selon un protocole très précis visant à limiter au maximum la dose d’irradiation délivrée au foetus et dans des indications très précises, essentiellement dans les cas d’anomalies osseuses pouvant ou non faire partie d’une maladie osseuse constitutionnelle.

Comment expliquer nos erreurs ?

Qu’il s’agisse de faux positifs ou de faux négatifs, on peut distinguer plusieurs sources d’erreurs.
● Les erreurs techniques
Il peut s’agir du choix inadapté d’une sonde en échographie ou d’une séquence en IRM qui ne permettra pas d’identifier une lésion. Par exemple, la visibilité d’un saignement chronique en IRM peut n’apparaître évidente qu’avec un seul type de séquence. Encore faut-il penser à réaliser cette séquence.
Ce peut être également la mauvaise interprétation d’une image liée au fait que celleci n’a pas été acquise dans un plan correct et que l’anatomie n’est donc pas reconnaissable. On peut ainsi construire de fausses pathologies. Il peut s’agir également d’erreurs dans la réalisation de mesures, ce qui est à l’origine d’erreurs dans l’estimation du poids foetal. La variabilité interobservateur est plus marquée pour les mesures de périmètre que pour les mesures linéaires (5).
● Les difficultés liées aux conditions d’examen
Elles sont très fréquentes en imagerie prénatale qu’il s’agisse de difficultés en rapport avec un oligoamnios, la présentation foetale ou la paroi maternelle en échographie, ou les mouvements foetaux en IRM.
Ces erreurs peuvent aussi être liées à l’état psychologique de l’opérateur, une baisse de vigilance liée à une surcharge de travail. Une image anormale pourra être ainsi à tort banalisée ou manquée.
● Les erreurs liées à l’insuffisance de l’opérateur
Elles sont aussi très fréquentes tant est vaste le champ de connaissances à acquérir. Une même personne ne peut pas connaître toutes les variantes du normal et toutes les pathologies des différents organes susceptibles de se révéler in utero.

Comment réduire le risque d’erreurs ?

Les recommandations du CNTEDA ont défini un processus d’assurance qualité : matériel adapté, formation initiale et continue des professionnels, et pratique régulière et suffisante. La qualité de cette formation est le meilleur garant de l’efficacité du dépistage (6). En France, la formation initiale est structurée par des DIU, la formation continue est assurée par plusieurs organismes, comme par exemple le Collège français d’échographie foetale, et cela contribue largement à la bonne sensibilité du dépistage échographique dans notre pays (7). Reste le problème de la surcharge de travail et de la baisse de vigilance liée à la trop grande quantité d’examens effectués. Il a été suggéré d’y remédier en faisant des pauses dans la journée (8). La cotation actuelle des actes reste un problème majeur(3), la rémunération de l’échographie de dépistage étant trop basse, alors qu’il s’agit d’un examen long et difficile, ce qui contraint certains collègues installés en secteur 1 à multiplier les examens.

Conclusion

En pratique, l’imagerie prénatale est donc un exercice périlleux, comportant un risque de faux positifs et de faux négatifs comme tout autre examen médical. Les procédures d’assurance qualité recommandées depuis plusieurs années devraient contribuer à améliorer les performances du dépistage. Il s’agit d’un objectif important, car les discordances entre diagnostic prénatal et diagnostic postnatal peuvent avoir des conséquences graves. Toutefois, il faut garder à l’esprit que l’imagerie prénatale a des limites et que même dans les meilleures mains et avec une bonne technique, certaines malformations restent inapparentes.
Références
1. www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000356/. Rapport du Comité national technique de l'échographie de dépistage, avril 2005.
2. www.eurocat-network.eu 3. www.cngof.asso.fr/D_TELE/100513_rapport_echo.pdf. Rapport du Comité national technique de l'échographie de dépistage, mars 2010.
4. Al-Mukhtar A et al. Diagnostic pitfalls in fetal brain MRI. Semin Perinatol 2009 ; 33 : 251-8.
5. Dupley NJ. A systematic review of the ultrasound estimation of fetal weight. Ultrasound Obstet Gynecol 2005 ; 25 : 80-9.
6. Levi S. Ultrasound in prenatal diagnosis: polemics around routine ultrasound screening for second trimester fetal malformations. Prenat Diagn 2002 ; 22 : 286-95. 7. Garne E et al. Prenatal diagnosis of severe structural congenital malformations in Europe. Ultrasound Obstet Gynecol 2005 ; 25 : 6-11.
8. Tabor A et al. Screening for congenital malformations by ultrasonography in the general population of pregnant women: factors affecting the efficacy. Acta Obstet Gynecol Scand 2003 ; 82(12) : 1092-8.

mercredi 6 juin 2012

gynecologue femme à Bouira : Évaluation du coût de prise en charge d’une rupture prématurée des membranes.

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SANTÉ PUBLIQUE : Évaluation du coût de prise en charge d’une rupture prématurée des membranes

Publié le 6 Juin 2012
L. BOUBLI*, P. CHIARELLI**, S. TARDIEU*** - *Service de gynécologie obstétrique - hôpital Nord, Marseille; **Société MEDISTAT - Courbevoie; ***Département d’information médicale - hôpital de la Conception, Marseille
La rupture des membranes avant le début du travail est une éventualité fréquente en obstétrique (5 à 10 % des grossesses)(1). Susceptible de déboucher sur de graves complications pour le fœtus et la future mère, elle nécessite d’être rapidement reconnue et prise en charge(2,3). La rupture des membranes peut se manifester sous des formes particulièrement frustes, difficilement identifiables par la seule clinique. L’incidence élevée de faux négatifs lors d’un examen au spéculum(4) justifie, dans ce cas, le recours à des tests diagnostiques.
Historiquement, plusieurs approches ont été proposées afin de détecter la présence de liquide amniotique dans les sécrétions cervicales.
Le test de cristallisation consistait à observer au microscope les sécrétions cervicales étalées sur une lame sans coloration. La visualisation de structures en feuille de fougère signait la présence de liquide amniotique avec une sensibilité de 42 % et une spécificité de 76 %(5).
La mesure du pH des sécrétions cervicales (qui s’alcalinisent en présence de liquide amniotique) sur des bandelettes colorimétriques (type nitrazine) est toujours largement utilisée. Le test a une spécificité de 72 à 83 % pour une sensibilité de 73 à 91 %(6).
La fiabilité des tests diagnostiques a récemment bénéficié de l’apport de techniques immuno-chromatographiques dont le principe repose sur la mise en évidence dans le contenu des sécrétions cervico-vaginales d’un marqueur biologique spécifique du liquide amniotique, présent à tous les âges gestationnels, de dégradation lente et aisément détectable, y compris à de faibles concentrations avec une technologie simple et accessible, permettant un rendu dans des délais compatibles avec la notion d’urgence obstétricale(7-9).
Les tests actuellement disponibles sont basés sur l’identification de deux protéines spécifiques : l’insulin-like growth factor binding protein-1 (IGFBP-1) synthétisée par la caduque et le foie fœtal(10) et la placental alpha 1-microglobulin (PAMG-1), protéine humaine présente à forte concentration dans le liquide amniotique(11).
La fiabilité de ces tests est supérieure à celle des méthodes conventionnelles de diagnostic(12,13), mais leur coût plus élevé justifiait que soit évalué l’impact économique de ce bénéfice dans les conditions courantes de prise en charge des suspicions de ruptures prématurées des membranes.
L’objectif de cette étude était d’évaluer le coût direct médical et non médical de la prise en charge d’une rupture prématurée des membranes (RPM), ainsi que les coûts engendrés par d’éventuels faux diagnostics (faux positif et faux négatif) dans une maternité de niveau 3 (habilitée à recevoir des femmes susceptibles d’accoucher prématurément).

Matériel et méthodes

Cette étude rétrospective a été réalisée dans la maternité de l’hôpital Nord à Marseille et a porté sur la totalité des femmes enceintes (entre 29 et 36 SA) ayant été hospitalisées au cours de l’année 2009 et 2010 pour une présomption de rupture prématurée des membranes. L’histoire de chaque patiente a été recueillie dans des conditions totales d’anonymat.
Les coûts liés à l’hospitalisation ont été chiffrés pour chaque patiente à partir des données du dossier médical valorisées selon les grilles du contrôleur de gestion de l’assistance publique de Marseille. Les coûts moyens de prise en charge ont été calculés :
– pour les patientes ayant effectivement accouché prématurément du fait d’une rupture prématurée des membranes ;
– pour les patientes dont le diagnostic était faussement positif (un faux positif étant défini par une demande d’hospitalisation pour rupture prématurée des membranes non suivie d’accouchement dans les 48 heures suivantes en l’absence de tocolyse et dans les 72 heures suivantes en cas de tocolyse) ;
– pour les patientes dont le diagnostic était faussement négatif (un faux négatif étant défini par la survenue d’un accouchement prématuré au cours des 7 jours suivant un test diagnostique de rupture prématurée des membranes négatif).

Population à l’étude

L’étude porte sur 184 femmes enceintes âgées en moyenne de 29,8 ans (± 6,4) avec une durée moyenne d’aménorrhée de 33,5 ± 3,1 semaines (médiane : 34 semaines).

Prise en charge initiale
Avant leur admission à la maternité de l’hôpital Nord, ces patientes ont bénéficié d’examens et de soins décrits (tableau 1). Pour 46 femmes, cette prise en charge initiale a été réalisée dans le cadre d’une hospitalisation d’une durée moyenne de 7,4 ± 9,3 jours.





Séjour en maternité
Trente pour cent environ des patientes ont bénéficié d’un transport médicalisé (aérien 0,5 %, SAMU SMUR 19 %, ambulance 9,8 %).
Le séjour en maternité a duré en moyenne 13,4 ± 11,5 jours et s’est conclu par un accouchement pour 178 patientes (6 patientes ont quitté l’hôpital sans que l’accouchement soit survenu).
Certains examens ont pu être répétés plusieurs fois chez une même patiente au cours de son séjour (tableau 2).





Au total, en tenant compte des examens réalisés avant et pendant le séjour en maternité, 96 patientes (52 %) ont bénéficié d’au moins un test de dépistage immuno-chromatographique (tableau 3).





Accouchement
Après accouchement par voie basse (48 % des cas) ou césarienne (52 % des cas), 178 parturientes ont donné naissance à 216 enfants  dont le poids de naissance variait de 850 à 4 920 grammes (moyenne 1 990 ± 613).

Résultats

Après chiffrage des actes décrits ci-dessus et réalisés entre la présomption du diagnostic et la sortie de la maternité, le coût de prise en charge des patientes hospitalisées pour une rupture ou une suspicion de rupture prématurée des membranes s’établit globalement à 25 791 ± 18 172 € (sans tenir compte des soins dans les suites de couches, des actes motivés par un autre motif que la RPM et des soins pédiatriques).
Ces coûts de prise en charge ont été sensiblement plus élevés lorsque la symptomatologie était fruste, nécessitant la mise en œuvre de tests (28 576 ± 20 859 € contre 22 754 ± 14 331 € en cas de rupture franche, reconnue cliniquement).
Un test de dépistage a été utilisé chez 96 femmes. Le résultat de ce test a été confronté avec l’histoire obstétricale immédiate de la patiente afin de vérifier sa valeur prédictive.
Un test positif a été considéré comme confirmé en cas d’accouchement dans les 48 heures suivantes (72 heures en cas de tocolyse) ou considéré comme faux positif dans le cas contraire.
Un test négatif a été considéré comme confirmé en cas d’accouchement au-delà des 7 jours suivant sa réalisation ou considéré comme faux positif dans le cas contraire.

Répartition des patientes dans les quatre sous-groupes.

Les coûts de prise en charge correspondant à chacun des quatre sous-groupes sont les suivants (figure) :
•    Test positif et diagnostic confirmé (n = 56)    : 28 296 ± 21 440 €.
•    Test négatif et diagnostic confirmé (n = 4) : 13 925 ± 7976 €.
•    Faux positif (n = 29) : 33 602 ± 20 705 €.
•    Faux négatif (n = 7) : 18 359,3 ± 15 977 €.




Discussion

Cette étude rétrospective concerne une série de 184 femmes enceintes (entre 29 et 36 SA) ayant été hospitalisées dans une maternité de niveau 3 pour une présomption de rupture prématurée des membranes.
Aucun test n’a été réalisé chez 88 patientes dont le tableau clinique était suffisamment évocateur ; 96 patientes ont bénéficié d’au moins un test de dépistage avant ou pendant leur séjour en maternité.
Les dépistages pratiqués avant l’admission ont fait appel à des tests colorimétriques (9 cas) ou immuno-chromatographiques (57 cas). Mis à part 2 cas où un tableau clinique de rupture s’est rapidement constitué, le résultat des tests colorimétriques a toujours donné lieu à des tests de confirmation. Cette pratique semble confirmer l’obsolescence de ces tests.
L’évaluation du coût de prise en charge d’une présomption de rupture prématurée des membranes qui constitue l’objectif de cette étude, est basée sur la prise en compte des paramètres liés au diagnostic et à la prise en charge immédiate. Par convention, le coût d’une rupture avérée des membranes a été évalué jusqu’au moment de l’accouchement, le coût d’une rupture suspectée et non vérifiée a été évalué jusqu’au retour de la patiente à son domicile. Le chiffre de 25 800   €, proposé comme coût moyen ne représente donc qu’une partie du coût total de prise en charge.

L’hospitalisation en maternité ayant été précédée d’une première prise en charge (consultation obstétricale ou hospitalisation), il convient de relativiser la représentativité des tests négatifs observés dans cette étude. Les 11 cas répertoriés correspondent en effet aux seules patientes ayant nécessité une mise en observation. Il ne fait pas de doute que la grande majorité des patientes dont le test de dépistage est négatif bénéficient d’une prise en charge en ambulatoire. Les coûts de prise en charge de ces 11 patientes ne peuvent donc pas être interprétés.
Le principal enseignement de cette étude est la mise en évidence de la fréquence des faux positifs (30 % des tests réalisés) et de leur impact économique. La prise en charge d’un faux positif revient en moyenne à 33 600 € (soit 5 300 € de plus que le coût d’une rupture avérée des membranes (28 300 € environ).
L’incidence des faux positifs (et les surcoûts qui lui sont associés) ne peut être réduite qu’en améliorant la valeur prédictive des tests de dépistage. Il est ainsi clairement établi que le recours aux tests immuno-chromatographiques (dont la fiabilité est supérieure à celle des tests colorimétriques) a abouti à une réduction du nombre de journées d’hospitalisation motivées par un faux positif(14,15).
Les tests immuno-chromatographiques présentent des différences de sensibilité/spécificité en fonction du marqueur biologique sur lequel ils s’appuient. Les deux tests actuellement disponibles sont fondés sur la mise en évidence du PAMG-1 ou du GFBP-1. Les évaluations comparatives dont ils ont fait l’objet ont montré que les tests recourant au PAMG-1 ont une meilleure sensibilité (98-99 % vs 74-97 %) et une meilleure spécificité (88-100 % vs 74-97 %)(15-17).
Cette différence apparaît clairement dans les études où le test a été utilisé a priori (avant que la rupture ne soit cliniquement manifeste) sans tenir compte des analyses a posteriori (où la fiabilité du test a été vérifiée après une rupture cliniquement évidente ou chez des patientes pour lesquelles la possibilité de rupture était formellement éliminée) (tableau 4).





Conclusion

Le coût de prise en charge d’une présomption de rupture prématurée des membranes est d’autant plus élevé que son diagnostic est cliniquement incertain. Le recours au test de dépistage ayant la valeur prédictive la plus élevée est actuellement la seule attitude susceptible de diminuer ce coût.
Références
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